Bien des décennies et de nombreuses saisons sont passées depuis le départ du paysan qui occupait ces terres. Eloignée du tumulte de la ville, c’est au détour d’un virage de campagne et cachée sous d’épais feuillages qu’apparait cette vieille maison en pierres.
Assombrie par la végétation, les rayons du soleil se laisse tout de même inviter pour pour éclairer l’intérieur de cette ancienne pièce de vie abandonnée depuis des lustres. On y découvre un authentique décor de la vie autrefois, avec un lit de son époque, une cheminée, un four et quelques bouteilles entammées. La table et des meubles ont disparus, sans doute emportées par la famille.
Ne savant pas vraiment quoi faire de cet héritage, autant s’en servir comme d’une grange et en profiter pour entasser le foin et quelques cagettes, du moment que les bêtes restent à proximité du terrain. Mais vu l’état en friches de ce qu’était peut-être autrefois un jardin autour de la maison ou d’un champ, ce voisin ou cet héritier n’y a certainement pas remis le pied depuis fort longtemps. On ignore de quand date cette maison, mais il est possible a été construite peu de temps après la guerre, si ce n’est bien avant.
Sur la cheminée, un portrait du Christ est a peine reconnaissable tellement la poussière s’en est chargée. Elle ne tardera pas non plus à s’attaquer à un calendrier resté figé à la date de novembre 1970. De mémoire, l’étage était vide ou du moins n’apportera rien de plus.
Le tour est rapide, en constraste temporel qui respire l’authenticité de nos anciens à travers la vie et les campagnes d’autrefois…
A première vue, la pièce de vie d’autrefois a servi pour entasser le foin et l’engrais durant quelques années.
Le ptit déjeune pulvérisé du chocolat Poulain, qui a marqué de nombreuses générations.
La nature est désormais maitresse des lieux, peut-être l’a-t-elle toujours étée…

Novembre 1970. L’arrivée de l’hiver n’est jamais un bon signe pour les anciens en fin de vie.

Comme la plupart des paysans de cette époque, ils ont toujours vécu en harmonie avec la nature de la terre. « C’est rien mais c’est tout, cette richesse de mémoire. J’ai vécu de besoins et pas d’envies » – Paul Bédel.



