Au bord d’une route, cette petite maison entourée de champs est restée ainsi dans le paysage. Bien avant que les barrières des passages à niveaux ne soient automatisées, elles étaient gardées par une personne qui s’occupait de la voie ferrée à l’arrivée du train.
De jour comme de nuit, une sonnerie prévenait quelques kilomètres à l’avance qu’un train s’approchait de la route empruntée par les automobilistes. Le garde-barrière n’avait alors que très peu de temps pour sécuriser le passage, et s’employait à baisser les barrières manuellement avec une manivelle, avant de les rouvrir et gare aux piétons imprudents qui oseraient franchir l’interdiction de la voie.
C’était il y a près ou plus d’une trentaine d’années, et désormais le paysage semble bien vide sans la présence de ce gardien. A l’intérieur, le temps est entièrement resté figé en découvrant des chambres qui ont conservé ce charme d’antan. Malgré le désordre dans certaines pièces, on y trouve quelques objets qui n’existent plus de nos jours, comme le poste de télévision cathodique, des répertoires téléphoniques au cadran manuel, des cartes bancaires d’il y a 40 ans, des marques disparues, des journaux…
Mais ce qui nous marque le plus, ce sont les lettres manuscrites avec une écriture particulièrement soignée, des photographies qui datent de plus d’un siècle, et surtout les magnifiques cadres accrochés au mur qui nous font voyager directement à une autre époque. Soudain, alors que nous admirons ces reliques du passé, une sonnerie alerte les environs. En seulement quelques secondes, un train frôle la maison, résonne sur le sol et fait trembler tous les murs. Depuis la fenêtre, le spectacle est saisissant, très impressionnant.
L’immersion n’en est que bien meilleure puisque c’était le quotidien des personnes qui vivaient ici. Nous continuons notre exploration à prendre les photographies restantes de cet endroit incroyable, avec l’impression de nous retrouver entre deux mondes. Le temps s’est arrêté, en silence, puisqu’une heure plus tard une seconde sonnerie retentit avec un autre train tout aussi émouvant.
Prudemment, nous repartons et le contraste de cette petite capsule temporelle avec la lumière du jour se ressent lourdement. Comme un témoin du passé, elle incarne les souvenirs bien gardés d’une époque que beaucoup de gens n’ont malgré tout jamais oublié…
Cette petite salle de cuisine nous laisse penser à de nombreux repas passés à surveiller l’arrivée des trains.
Les personnes qui vivaient ici ont eu une fin de vie apaisée depuis l’arrivée des barrières automatiques…
Encore au rez-de-chaussée, nous découvrons une chambre avec le lit d’une seule personne, on comprend que quelqu’un a vécu quelques temps dans l’usure de l’âge.
Ses affaires personnelles sont restées, comme cette carte bancaire de 1986…
Ces annuaires et répertoires téléphoniques sont remplis de numéros qui datent de bien avant l’arrivée des chiffres régionaux.
Sur place, nous trouverons quelques objets de décoration typiques de l’ouest dans la France.

Puis à l’étage, nous lisons de nombreuses correspondances et lettres tout en découvrant les chambres.
Celle-ci, la plus grande, émerveille nos sens par sa poussière et sa décoration d’il y a bien des décennies…
On ne s’en rend pas compte, mais ces cadres sont très grands et leur présence embellit parfaitement la pièce.
Cette famille était très pieuse, c’était très courant à l’époque.
Le fameux crucifix au-dessus du lit, au-dessus des portes ou des fenêtres.
L’autre lit est tout aussi grand, le style était simple mais efficace.
Ces autres cadres sont également très beaux, ces photographies d’antan sont remplis d’histoire.
Nous découvrons la deuxième chambre, dans un état plus que chaotique.
D’autres cadres et photographies de la même époque rajoutent toujours plus de caractère.
A travers les débris au sol, ce bureau offre tout en tas de curiosités.
Les repas de fêtes étaient coutume pour chaque évènement familial.
Une photographie de soldats, partageant un moment convivial avec un enfant.
D’autres photographies jaunies par le temps mais de par leur existence, elles ont gardé leur authenticité.
Ces photographes n’existent plus depuis fort longtemps…
La tapisserie sur les murs s’effrite, le plafond s’abaisse et des fissures ne sauraient tarder…
Malgré la désuétude de la maison, et les vibrations des trains, les souvenirs restent et elle se tient fièrement debout.

Le tour est assez rapide, mais à l’intérieur, le temps s’est véritablement arrêté, dans tous les sens du terme, et c’est parfait ainsi. Car on y restera plus d’une heure, sans vraiment le ressentir défiler. Quel avenir pour cette maison, si ce n’est exister par le tremblement du train qui lui rend hommage à chaque passage..?




